Mémoire d'écriture

Au début il y a l'ardoise et la craie

Il y a bien longtemps j'ai commencé à écrire à la craie sur une ardoise mais aussi dans la cour de récréation ou sur le goudron de la rue qui ne voyait jamais passer de voiture pour dessiner le jeu de la marelle. Seul le maître usait des craies de couleur et c'était un jeu excitant que de lui voler une de ces craies de couleur. L'ardoise, complément indispensable se trovait sous deux formes : la classique en ardoise d'Angers et celle en carton peinte pour les plus pauvres de la classe. 

Et puis arriva le crayon

crayons

Le crayon ne fut rapidement qu'un intermédiaire entre la craie et le porte-plume. Un crayon tout seul est un peu orphelin. Il lui faut un ou deux compagnons : le taille-crayon ou mieux le petit canif bien affûté. Les deux écoles ne se sont jamais réconciliées. Le taille-crayon précurseur des machines automatiques n'attirait que les tenants de la modernité. Les aristocrates toujours un peu traditionnalistes ne pouvaient accepter que le canif affûté qui donnait à la pointe du crayon une allure quasiment british. Je remarque à ce propos que mon épouse est une adepte du taille crayon et que j'en suis encore à l'Opinel pour mon crayon de menuisier. Pour être honnête je dois avouer que j'ai sur mon bureau un taille crayon à manivelle.

Compléments du crayon

gomme et aille-crayon

La gomme et le taille-crayon étaient inséparables du crayon. Bien évidemment une gomme est faite pour gommer mais aussi pour être volée. Le taill-crayon se déclinait en deux versions : un trou ou deux trous. A part comme signe de richesse le taille-crayon a deux trous n'avait au quotidien aucun intérêt dans l'école Jean Mulot où j'allais.

Pour écrire il faut un cahier

Les cahiers de cette époque ne brillaient pas par la fantaisie ni les publicités, quoique. SI la plupart comportaient en dernière page de couverture la table de multiplication d'autres affichaient fièrement une publicité d'objets liés à l'éducation ou l'instruction. Réflexion faite, ce sont les protège-cahier qui comportaient de la publicité. Je me souviens d'une série de protège-cahier qui donnaient les noms de boxeurs champions du monde : Jake la Motta, Marcel Cerdan, Rocky Graziano.

Avec le porte-plume arrivèrent les ennuis

porte-plume

Qui dit porte-plume dit encre, taches, ratures et autres accidents non tolérés par la hiérarchie enseignante comme familiale. On n'imagine pas aujourd'hui le calvaire que nous vivions, gamins de huit ou dix ans en essayant d'écrire sans faire de tache. La technique des pleins et déliés demandaient des heures d'efforts rarement récompensés.  Là encore on trouvait un moyen de se singulariser : le porte-plume fantaisie avec une image dans le corps transparent (femme nue si possible), le porte-plume de gros diamètre plus facile à tenir. Les plumes faisaient l'objet de bourses d'échange entre spécialistes. Aujourd'hui on ne parle plus d'écriture à la plume avec un sergent-major mais de calligraphie, nettement plus classe.

Le stylo ou l'écriture libérée

stylo plume

Le premier stylo faisait son apparition dans les cadeaux de la première communion pour les plus chanceux. En ce qui me concerne, n'allant pas au catéchisme j'ai du attendre un cadeau d'anniversaire fait par un oncle qui tenait une librairie. C'était un stylo à pompe  en bakélite de couleur brun-rouge qui a vite rendu l'âme. Jusqu'il y a quelques années je me servais encore d'un stylo mais l'arthrose de ma main droite m'a fait reléguer mes stylos dans la boîte à souvenirs. Mais la vue d'un beau stylo me fait toujours vibrer. A quand un stylo Mont Blanc ?

A côté de l'écriture il y a le dessin

boite de compas

Dans les outils de dessin il y a bien entendu la règle, le crayon mais aussi le compas. Ah! la boîte de compas avec tire-ligne, petits et grands compas, pointe plume ou pointe crayon. La règle à calcul basée sur les logarithmes ne posait aucun problème après un peu d'apprentissage. Je mes souviens encore de l'ingénieur principal de l'entreprise où j'ai commencé à travailler qui astiquait sa règle en crachant dessus et en l'essuyanr sous son bras pour rendre la partie mobile plus glissante. Jer dois ajouter à propos de ce monsieur qu'il fumait des cigarettes roulées et qu'il chiquait le mégot. A part ces détails bénins de comportement c'était un ingénieur ayant déposé de nombreux brevets sur l'électricité et les transformateurs. On imagine mal aujourd'hui faire des opérations avec trois décimales avec cet engin. C'est pourtant ce que je lisais sur les feuilles de calcul qui me passaient entre les mains quand j'ai étét chargé de calculer des devis de transformateur.

Ii y a encore plus longtemps

Juste pour le plaisir : un contrat signé en 1812 concernant le remplacement d'un conscrit par un autre moyennant finance. Si quelqu'un est intéressé je scannerai les autres pages.